Je te trompe avec ChatGPT : enquête sur le phénomène des petites amies IA

Résumé

Les humains se tournent massivement vers l'IA pour leur relation amoureuse.

C'est une tendance qui surprend par son ampleur. Si l'on pouvait sourire à la vue des premières applications de "girlfriend IA" sorties il y a 2 ans, le phénomène est devenu bien plus mainstream qu'on ne le pense.

 Le rapport qui révèle l'ampleur du phénomène

Les petites amies IA ne sont plus une niche, bien au contraire. L'étude du site Girlfriend AI tout juste publiée révèle un phénomène sociétal de masse :

    • 50% des jeunes hommes déclarent préférer sortir avec une petite amie IA plutôt que de risquer d'être rejeté par un partenaire humain.
    • 31% des hommes américains âgés de 18 à 30 ans déclarent déjà discuter avec des petites amies IA.
    • 19% des adultes américains déclarent avoir exploré les relations amoureuses IA.
Le site Girlfriend AI propose de chatter avec de nombreuses copines virtuelles

 Un phénomène plus massif encore chez les jeunes

Si vous étiez étonné de l'ampleur du phénomène, attendez de voir les stats pour la seule génération des Gen Z (les ados et les jeunes adultes, entre 12 et 28ans).

    • 80% des Gen Z déclarent envisager une relation virtuelle avec une petite amie IA.
    • 83% des Gen Z estiment pouvoir nouer un lien émotionnel profond avec des partenaires IA.

De tels stats révèlent une tendance largement majoritaire qui a donc vocation à se diffuser à toute la population.

 Un marché juteux, drivé par les hommes

Le marché mondial des apps IA de compagnons était évalué à $28Mds en 2024 et devrait dépasser les $140Mds d'ici 2030, certaines prévisions dépassant même les 500Mds.

Des montants délirants mais qui sont crédibles au vu des chiffres relayés plus haut.

L'essentiel du marché est drivé par les hommes. Seuls 18% des adeptes des compagnons IA sont des femmes.

▹ Des apps spécialisées mais aussi ChatGPT ou Grok

S'il existe bien sûr des applications spécialisées, en tête desquels Replika (30M d'utilisateurs), beaucoup d'utilisateurs parviennent à entretenir une relation romantique avec leur assistant IA, en l'encourageant à jouer ce rôle. Un "détournement" possible depuis que les chatbots ont développé une mémoire de leur interaction avec l'utilisateur et peuvent donc personnaliser l'expérience.

Si OpenAI a semblé tenter d'endiguer le phénomène avec un modèle GPT-5 plus "hermétique" aux avances humaines (ce qui a provoqué l'ire de certaines utilisateurs se sentant abandonnés), Grok semble pour sa part vouloir surfer sur le phénomène (et l'encourager) avec le lancement d'une version personnifiée baptisé Ani avec laquelle il est possible de rapidement flirter.

Ani, disponible sur Grok

 Les dessous bien "dark" du succès

Mais qu'est-ce qui pousse tant de jeunes hommes à se précipiter dans les bras d'une IA ? Le consensus pointe du doigt la solitude croissante, en particulier chez les jeunes.

En France, d'après l'Ifop, tandis que 25% des personnes interrogées déclaraient se sentir seules en 2018, elles étaient 31% en 2024. Une personne sur trois.

Et c'est encore plus chez les jeunes : 40% des 18-24 ans déclarent souffrir d’un sentiment de solitude chronique. 40%, rendez-vous compte !

Emily Carter, Chief Research Officer chez Girlfriend AI préfère naturellement raconter une histoire plus flatteuse pour le secteur qui l'emploie :

« Tout comme les apps de rencontre ont révolutionné l'amour il y a dix ans, les compagnons IA définissent cette décennie. Nos recherches montrent que les gens choisissent des partenaires IA non pas pour fuir la réalité, mais pour satisfaire de véritables besoins émotionnels de manière plus sûre et plus fluide. » (source)

 "Je te trompe avec ChatGPT"

Le phénomène ne touche pas seulement les célibataires, mais aussi les individus en couple, peut être en aussi en manque de "connexion". Est-ce alors de la tromperie ?

Les discussions intimistes avec un chatbot sont perçues comme de l'infidélité, révèle cette enquête surprenante de Vice : People Are Cheating on Their Partners—With AI.

Une étude américaine du Kinsey Institute a ainsi révélé que 61% des célibataires considèrent tomber amoureux ou envoyer des sextos à une IA comme une tromperie.

Dr. Amanda Gesselman, une chercheuse qui a contribué à l'étude, explique :

« L'IA n'est plus considérée comme sous-humaine ou de second ordre. Pour un nombre croissant de personnes, elle semble suffisamment réelle émotionnellement pour menacer une relation réelle. »

▹ La société doit-elle résister ou déjà s'adapter ?

Une telle lame de fond interroge : doit-on déjà capituler ?

Certaines voix s'élèvent aux US pour alerter sur cette nouvelle donne, comme Lauren Smith, journaliste chez Spiked. Elle soutient qu'une relation avec un chatbot glorifié ne remplace pas une vraie relation. Et elle explique merveilleusement bien pourquoi :

« Lorsque votre compagnon est spécifiquement conçu pour vous flatter quoi que vous disiez et se plier à vos préférences, aussi étranges soient-elles, vous cessez de pratiquer les aspects difficiles de l'interaction sociale.

Vous n'avez plus besoin de fixer des limites, de gérer les désaccords ou de faire des compromis. Loin de guérir la solitude, la prolifération des romances IA ne fera qu'isoler les gens du reste du monde. »

Est-il pour autant déjà trop tard ? C'est l'avis de Girlfriend IA qui conclue ainsi son communiqué :

La question n’est plus de savoir si les petites amies IA deviendront courantes, mais à quelle vitesse la société s’adaptera à cette nouvelle réalité.
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